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Devenir hypnotiseur : 2em cours – LE TEST DE SUGGESTIBILITE

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ou faire croire, un test de suggestibilité N’est PAS un test sur la suggestibilité. Ce test permet de vérifier que le pré-talk a été compris et qu’on peut faire une séance d’hypnose.

Si le test ne fonctionne pas, c’est la faute pleine et entière de l’hypnotiseur. Ne cherchez pas plus loin, votre pré-talk n’a tout simplement pas été compris.

Suggérer

Bien que nous ne soyons pas à proprement parler dans la séance, vous allez commencer à faire des suggestions. C’est le cœur du savoir faire de l’hypnotiseur. Il faut bien commencer quelque part.

Une suggestion est un ordre poli. C’est un ordre proposé que le volontaire dispose à son envie.

Si je m’attarde sur ce qu’est une suggestion, ce n’est pas pour rien. Car c’est la manière dont vous suggérez et la manière dont c’est perçu qui fera de vous un bon hypnotiseur.

Une suggestion prend la forme que l’on veut. Avec des mots, avec des gestes, on guide le corps et l’esprit du volontaire à exécuter une suggestion.

Pour débuter, on va stéréotyper les suggestions ; bien sûr il n’existe pas de règle absolue, plus vous prendrez vos aises et plus vous vous détacherez de ce que je vous apprends ici. (Et c’est une très bonne chose)

Les tests en concret

Un test de suggestibilité n’est pas à proprement parlé une suggestion hypnotique. De fait, vous vous servez d’astuces physiologiques pour réussir une suggestion.

Pour raccourcir, vous suggérez ce qui est en fait en train de se passer naturellement, donnant l’illusion qu’il se passe quelque chose.

Faire un test de suggestibilité permet en plus de commencer à prendre le lead sur la conversation et donc sur la séance. C’est vous qui savez, c’est vous qui guidez. Sans forcément être directif, vous devez montrer que vous savez ce que vous faites et pourquoi vous le faites. Il existe énormément d’astuces pour le faire. Voici quelques exemples :

  • Corriger physiquement une posture. Par exemple en déplaçant soit même la main du volontaire.
  • Corriger oralement une posture. Par exemple en demandant de baisser les épaules ou redresser la tête.
  • Mimer le « bon » geste.

3 exemples de test

Les doigts qui se rapprochent

Celui-ci est le plus connu et le plus pertinent pour débuter. Il est tout simplement parfait pour juger du futur de la séance. Ce test ne peut pas échouer à proprement parler, ce qui signifie que s’il échoue c’est qu’il y a un problème.

Demandez à votre volontaire de placer les mains et les doigts comme ceci.

Moins il y a de vide entre les deux paumes de la main et mieux c’est. N’hésitez pas à faire chasser l’air entre les mains. Plus les mains seront bombées moins ça sera efficace.

Demandez ensuite d’écarter les deux index de un à trois centimètres pas plus. Demandez ensuite de fixer le regard sur un point entre les deux doigts tendus puis commencez à suggérer quelque chose du genre :

« Les doigts vont commencer à s’attirer l’un l’autre. Comme s’ils étaient aimantés. Plus vous regardez l’espace entre les doigts et plus ils se rapprochent. De plus en plus et de mieux en mieux. »

Si les doigts ne se rapprochent pas, il y a un problème. En effet, dans cette posture, les doigts doivent se rapprocher naturellement. Faites le chez vous, sans rien vous suggérer, détendez vous et vous verrez vos doigts se rapprocher.

Si les doigts se rapprochent et se touchent, vous pouvez commencer la séance. Si l’hypnotisé est bluffé alors vous pouvez commencer la séance sereinement.

Les pieds lourds

C’est mon test préféré car il demande de raconter une histoire et de parler longuement. J’aime faire les deux 🙂

Demandez à votre volontaire de se lever, de se mettre bien droit, de joindre les pieds et les genoux tout en étant bien stable. Si l’hypnotisé n’est pas à l’aise les pieds joints laissez le les écarter un peu. Puis demandez lui de verrouiller les genoux, c’est ce qui est le plus important.

« On va vous transformer en arbre pour vous coller les pieds au sol. Mais pas n’importe quel arbre ! Non. Le plus beau, le plus grand, le plus majestueux des arbres ! Tellement grand qu’on pourra vous voir depuis l’espace. Vous pouvez fermer les yeux si ça vous aide à imaginer. Imaginez devenir un arbre, imaginez que des pieds partes deux puissantes racines dans le sol. Si profondément enfouies qu’un vent violent pourrait souffler que vous ne bougeriez pas d’un millimètre. Imaginer que vos jambes deviennent le tronc de l’arbre, complètement rigide et immobile.

*silence*

Imaginez que chaque seconde qui passe vos racines se divisent, grandissent, se répandent et viennent se fixer partout. Vous êtes si grand, si beau et si lourd qu’un vent violent pourrait souffler que vous ne bougeriez pas du tout. Tout à l’heure, je compterai jusqu’à trois. Et vous essaierez de faire un pas en avant. Mais vos racines sont si lourdes si entièrement enfoncées dans la terre que vous ne pourrez pas lever un pied. Plus dur encore sera de plier les jambes déjà transformé en tronc solide et dur.

1, les racines vous tirent vers le sol, impossible de bouger

2, les jambes sont complètement dur, en bois.

3, essayez de bouger et plus vous essayez plus les racines tirent vers le bas. »

Je vous pris d’observer sur ce petit texte ci-dessus deux subtilités que vous devrez appréhender pour toutes vos suggestions.

Evitez de parler en pronoms possessifs lorsque vous parlez d’une partie du corps. Préférez parler de la main plutôt que de ta main ; ces pieds plutôt que vos pieds. Tout ceci pour augmenter la sensation de dissociation, pour accentuer le fait que la main n’appartient plus tout à fait à l’hypnotisé.

Lorsque vous challengez l’hypnotisé ne dites pas : « bouge les doigts » mais « essaye de bouger les doigts ». Rien qu’avec cette petite astuce vous ménagez une chance d’échouer à bouger ses fameux doigts.

Si vous avez parlé assez longtemps et que les jambes du volontaires sont bien droites et les genoux bien verrouillés, les pieds ne devraient pas bouger immédiatement. Même s’il bouge une seconde après l’essai, le test est bon. Si par contre le pied bouge immédiatement et sans hésitation, vous allez devoir enchaîner avec un autre test tout en recadrant.

Je ne conseille pas ce test au débutant.

Les yeux collés

Test idéal lors des séances à plusieurs et/ou assis et/ou intimistes. Il est facile à réaliser mais demande à ce que les volontaires soient déjà un peu en confiance puisque vous allez leurs demander de fermer les yeux.

Ce test est du même acabit que les pieds collés avec un taux de réussite plus élevé et une meilleure résilience aux erreurs de l’hypnotiseur. Personnellement c’est celui que j’utilise le plus quand je veux aller loin dans la séance ou que j’ai tout mon temps.

Pour le réaliser, il suffit de demander au volontaire de fermer les yeux et de faire un maximum d’effort pour détendre les muscles autour des yeux. C’est la partie la plus importante. Le reste c’est de l’esbrouffe, de la broderie.

« Tout à l’heure on va compter jusqu’à trois et les paupières resteront complètement scellées, fermées, collées. Et plus vous essaierez des les ouvrir et moins vous y arriverez, un peu comme si vous aviez oublié comme on ouvre les yeux. Mais d’abord, on va coller ces paupières. Imaginez quelque chose qui vient les coller. On peut imaginer de la colle bien sûr. On peut coudre les paupières entre elles. Tout ce qu’on veut. Moi par exemple j’aime pendre avec des crocs de boucher deux immenses baleines. Là c’est sûr avec ça je n’arrive plus à ouvrir les yeux.

1 les yeux sont complètement fermés, impossible de les ouvrir.

2 les paupières sont scellées, collées.

3 vous pouvez essayer d’ouvrir les paupières, mais impossible. Complètement collées. »

Les yeux ne s’ouvriront pas immédiatement si le pré-talk et la suggestion ont été bien emmené. Ce test est considéré comme réussi lorsque les yeux ne s’ouvrent pas immédiatement et que les sourcils se sont levés avant que les yeux ne s’ouvrent. Le taux d’échec sur ce test est particulièrement bas. Je le conseille autant que les doigts aimantés dans un cadre intimiste. Dans un cadre avec spectateurs, je l’utilise que si je sens le volontaire à l’aise.

D’autres tests

Il existe d’autres tests tout aussi valable, avec ses qualités et ses défauts. Je les emploie presque jamais car les 3 présentés ci-dessus satisfont tous les cas de figures où je vais préférer faire l’un ou l’autre. Mais pour être un peu plus exhaustif je vais citer quelques titres de tests évocateurs :

  • La barre de fer (verrouiller le coude)
  • La carte collée (poignée baissé et carte pincée entre pouce et index)
  • chute en arrière (pieds joints, hypnotiseur plaçant le mains sur les omoplates et les reculant petit à petit)
  • confusion du prénom (demande un cadre très particulier)

Conclusions

Un test de suggestibilité est une excellente transition entre le pré-talk et la séance à proprement parlée. Ils permettent de vérifier que le volontaire à bien saisi ce qu’on entendait de lui lors de la séance.

C’est également un bon moyen de bluffer les sceptiques en utilisant des astuces physiologiques ou psychologiques.

Devenir hypnotiseur : 1er cours – LE PRETALK

Une séance d’hypnose est grosso-modo en trois étapes.
Le prétalk, la séance puis le réveil.

Le prétalk en hypnose est comme le dialogue qui cadre le jeu fétichiste. Et il est essentiel. Plus votre jeu risque d’être intense plus vous devrez y mettre des limites claires, l’hypnose c’est pareil. Plus vous voudrez aller loin dans la séance mieux vous devez préparer votre séance.

Le prétalk c’est ça.

S’introduire

Avant de commencer une séance vous devez vous présenter, je ne parle pas d’un CV mais d’une mise en confiance en s’exposant. Mais un exemple vaut plus que mille mots alors voici comment je me présenterai dans le cadre d’une séance avec un inconnu

« Je suis Jonathan, je fais de l’hypnose depuis plus de dix ans et de l’hypnose érotique depuis plus de cinq ans. Si tu as des questions sur l’hypnose, je serai ravi d’y répondre. »

Oui c’est tout. Vous pouvez développer autant que vous voulez, aborder les sujets qui vous semblent nécessaire ou intéressants. Mais à minima, vous devez vous présenter comme un sachant et cela même si vous faîtes votre toute première séance.

Petits conseils :

  • Si votre premier hypnotisé vous connait, vous pourrez louvoyer en stipulant que vous étudiez le sujet depuis un moment mais qu’il est votre premier volontaire réel.
  • Mentez sur votre expérience sans l’exagérer, le rôle de sachant est primordial pour un hypnotiseur débutant.
  • A contrario vous pouvez admettre ne pas tout savoir, vous pouvez même visiblement douter. Il suffit d’assumer et discuter.

Expliquer

Dans le cadre de l’hypnose, pour arriver à quelque chose, il faut expliquer ce qu’est l’hypnose et surtout ce qu’elle n’est pas. C’est l’une des deux raisons d’un pré-talk. Il y a alors deux sortes d’informations que vous devrez faire passer.

Les informations essentielles :

  • On ne dort pas en hypnose (On est même très loin du sommeil),
  • On reste conscient tout le long,
  • Si on ne dort pas, on est par contre plutôt du côté du rêve. Le rêve comme l’hypnose possède les mêmes propriétés de jouer avec le réel,
  • L’hypnose ne marche que si l’hypnotisé a envie de l’être. Tant qu’il joue le jeu, l’hypnose va marcher,
  • On ne peut pas rester bloquer en hypnose, c’est un phénomène naturel d’hyper concentration.

Les informations non nécessaire ou qui peuvent être glissées pendant la séance :

  • L’hypnose ne vient pas de l’hypnotiseur mais du volontaire,
  • L’hypnotiseur propose mais c’est l’hypnotisé qui choisit au final,
  • On va aussi loin que l’hypnotisé veut aller, pas plus loin.

Cadrer

C’est la partie la plus importante du pré-talk. C’est la cause principale des échecs en hypnose ludique. Sur cette partie vous devez vous assurer de deux choses :

  • L’hypnotisé a vraiment compris ce qu’il allait se passer et surtout ce qu’on attend de lui
  • De ne pas dépasser les limites que vous avez définies ensemble

Contrairement au BDSM, une séance d’hypnose n’est pas le bon endroit pour dépasser les limites. Si quelque chose perturbe trop le volontaire, la séance risque de se finir en un battement de cil. C’est à ça que sert le cadre : définir les limites permettant de jouer et de surprendre sans jamais les dépasser.

Exemples :

« On va jouer ensemble. L’objectif c’est que tu t’amuses et tu découvres tout ce qu’on peut faire avec l’hypnose. On ira aussi loin que tu le souhaites. Un simple mot et on arrête. »

« Notre but est de te faire lâcher prise, on ira aussi loin que nécessaire pour réaliser ça. »

« Je vais te faire essayer les hallucinations. Ca te dit ? »

Bref. Plus votre cadre est clair, plus vous restez cohérent avec ce dernier et moins il y a de chance de rater sa séance.

Enchaîner ou mixer

Après avoir répondu aux questions du volontaire, cadré et expliqué, vous êtes sensé enchaîner avec la séance à proprement parler.

Certains hypnotiseurs préfèrent mixer leur pré-talk avec les tests de suggestibilité (voir 2em cours).

Enchaîner permet d’être plus rigoureux, plus à l’écoute et d’être plus lisible par les spectateurs éventuels. C’est comme avoir une conversation quasiment normale.

Mixer, par contre, rend les choses plus rapides et plus spectaculaires. Cependant ça demande d’être plus scripté car vous faîtes deux choses à la fois. Mixer donne l’illusion d’une hypnose rapide ou instantanée.

Conclusion

En hypnose, la communication est essentielle (évidement) mais c’est surtout sa capacité à faire comprendre ce qu’est l’hypnose (ou ce qu’elle n’est pas) qui fera 90% de votre séance.

Il est inutile d’avoir du bagou, d’être éloquent ou de parler « bien ». Vous pouvez zozoter, hésiter, buter sur les mots, faire des lapsus et vous corriger sans problème (marche tout le long de la séance). Ce qui est important c’est de s’assurer d’être compris au final.

 

 

La dissociation

Un fantasme très récurrent chez les sujets, c’est la perte de contrôle. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas possible pour un hypnotiseur de prendre le contrôle en hypnose.

Cependant, il y a un moyen pour que le sujet perde bel et bien le contrôle. Et pour ça on utilise la dissociation.

Qu’est-ce ?

La dissociation, en hypnose, est la capacité qu’à l’hypnotisé à séparer son conscient de son inconscient. Hors une transe, le conscient et l’inconscient sont imbriqués et perméables.

Lors d’une transe avec dissociation, l’inconscient prends plus de décision tout en gardant sa propriété première (: être inconscient donc en dehors de la volonté consciente). Tandis que le conscient devient de plus en plus spectateur tout en gardant sa propriété première (: être conscient donc incapable de percevoir l’inconscient)

Sensations

Avant d’expliquer comment dissocier un sujet, il est raisonnable d’expliquer comment le sujet va se sentir. Pourquoi ? Parce que ça peut-être effrayant et source d’amnésie non voulue et source d’abréaction.

Pour l’avoir vécu deux fois, on se sent prisonnier de la suggestion. On ne joue plus le jeu, notre corps interprète et agit à sa manière sans passer par le filtre habituel de la pensée consciente. Ce petit moment peut faire paniquer et briser la dissociation en quelques secondes. Il faut alors une grande maîtrise de soi (ou être somnambulique hypnotique) pour rester en transe.

Dans une séance non fétichiste, la dissociation sera très probablement douce en ce sens où l’inconscient ne fera rien d’extraordinaire ou de malaisant. Mais dans un séance de domination, l’inconscient peut exécuter un ordre qui bouleverse ce que pensait le sujet pouvoir contrôler.

Méthodologie

Pour arriver à un résultat spectaculaire, il va falloir transpirer ; probablement au sens propre.

L’hypnotiseur va devoir guider le sujet sur un chemin long et tortueux où il va falloir accepter de tenter encore et encore les mêmes choses sans jamais pouvoir vraiment louvoyer. On ne parle plus ici de contourner les résistances, on parle de les briser en pleine conscience (et inconscience 😉 ) du sujet. Qu’on va appeler ici volontaire, car ce mot est primordial. Votre sujet est un volontaire car il va bosser, bosser encore et encore.

Première étape, trouver un type de suggestion qui est à chaque fois à 9+/10. Que ce soit les amnésies, les catalepsies ou que sais-je encore, a chaque fois la suggestion doit être d’excellente qualité. Si ce n’est pas le cas, contournez les résistances jusqu’à obtenir ce résultat stable dans le temps.

Seconde étape, suggérer avec le concours silencieux du volontaire. Il doit répéter dans sa tête la suggestion comme pour l’encourager sans jamais aider en quoique ce soit d’autres. Jusqu’à ce que la suggestion passe à 9+/10

Troisième étape, suggérer sans que le volontaire n’intervienne mentalement dans le processus (comme pour une suggestion classique en fait). Le volontaire doit rester passif du mieux qu’il peut, n’être que spectateur. Jusqu’à ce que votre suggestion passe à 9+/10

Quatrième étape, suggérer à contre courant du volontaire. Le volontaire doit répéter dans sa tête une suggestion opposée à la votre sans jamais aider ou contrecarrer la suggestion. Jusqu’à ce que votre suggestion passe à 9+/10

Cinquième étape, suggérer tandis que le volontaire mobilise son énergie (mentale et/ou physique) pour résister à la suggestion. Si la suggestion passe, alors le volontaire est dissocié mais ça risque de manquer de stabilité.

Sixième étape, faites une induction « profonde », ne mobilisez plus du tout le conscient du volontaire, adressez-vous exclusivement à son inconscient. Faites une suggestion surprise, demander à l’inconscient de faire une action surprenante pour le conscient. Une fois l’action réalisée demandez au volontaire à quel point il est surpris. La difficulté pour l’hypnotiseur va résider ici. Soit le volontaire est très surpris soit il est complètement à côté de la plaque, dans ce cas, c’est un succès. Sinon le succès ou l’échec sera dur à constater à cette étape., seule votre expérience vous permettra de savoir si c’est bon ou s’il faut revenir à une étape antérieure.

Septième étape, amplifier la dissociation. Pour ça l’hypnotiseur doit éveiller au mieux l’inconscient, le rendre pro-actif et suggestible. Tandis que l’hypnotiseur doit rendre le conscient passif et spectateur.

Félicitation, votre sujet perd alors complètement le contrôle. L’inconscient étant une entité volage mais docile lorsqu’en confiance, vous le gagnez par procuration.

ATTENTION !

Si vous ne savez pas gérer des abréactions, que « je ne sais pas » d’un sujet vous effraie toujours, ne faites pas ça. Vous êtes comme un dominant en breathcontrol. Si vous ne savez pas ce que vous faîtes, ne le faites pas. Il sera toujours temps un autre jour d’apprendre à le faire.

 

Une séance érotique chez HYpnoAdmin

Combien d’€

La thune, c’est mon truc. J’aime le fric, le blé, le pèze, les économies, les sous, les ronds, les actions, les bénef…

Donc 35€, en liquide

Combien de temps

1H minimum, c’est tout ce que je garantis

Location

A Beaucaire, chez moi, dans un bureau de ma maison.

A savoir

J’ai des gros chiens et des chats. (Allergie ?)

Venir propre même s’il n’y a pas de contact physique. J’aime mon odeur rarement celles des autres.

Il y a des places juste devant chez moi, aucun problème de parking

Je ne viens chercher personne nul part quand c’est pour une séance (contrairement au week-end hypnotique)

Avant la séance

On va avoir une longue conversation, où je vais poser beaucoup de questions dont certaines très étranges. D’ailleurs je pose toujours des questions étranges même pendant la séance.

On éteins son portable et si le client à une montre, il la pose cachée. Le temps doit être le dernier des soucis. Je gère, seul, le temps.

On s’assure qu’il n’y a pas d’urgence pipi/caca

Pendant la séance

Souvent, la transition est « Bon on commence ? »

J’explique ensuite ce que je vais faire. Je commence régulièrement par une suggestion du genre « les yeux se collent » ou « les mains vont se rapprocher » Et en fonction du résultat, je continue de faire des suggestions de se genre.

Puis lorsque je pense qu’on est bien en phase, on travaille sur la/les raison(s) de la venue du client. Toujours de la même manière, je suggère, pose des questions et invite le volontaire à imaginer des trucs.

L’érotisme

Tout dépendra de la séance. Mais l’orgasme hypnotique est un incontournable. Je fais, à la demande, faire des strip-teases. Me faire renifler. Faire des rêves érotiques. Et d’autres encore.

La sexualité

Parfois, le client et moi, on baise. Mais c’était établi avant la séance. Et ce n’est ni une fin en soit, ni une obligation. Mais dans ces cas là, je suis toujours actif et sa traîne rarement.

Comment on se sent

Étrangement bizarre, bizarrement étrange. Il se passe des choses ordinaires mais qu’on n’a pas choisies, pas vraiment. Et il se passe des choses extraordinaires dont on ne s’attendait pas. On se sent concentré et étrangement imaginatif. Les codes de la réalité ne sont plus aussi important, faire au mieux semble beaucoup plus facile quand on ne s’embarrasse pas de réalisme.

On a l’impression de faire semblant sans pour autant s’empêcher de le faire. On sent qu’il se passe un truc mais souvent on ne veut pas saisir la raison et on se laisse porter. C’est comme un rêve dans le réel. On fait, c’est tout.

Conscient, inconscient, subconscient et perméabilité

Qu’est-ce qu’un tas de cailloux ? A combien de cailloux peut-on dire qu’un tas est un tas ? Je pointe 100 cailloux entassés les uns sur les autres, est-ce un tas ? J’en enlève 2, est-ce toujours un tas. Il en reste 12, est-ce un tas ? 11 ? 10 ? 9 ? 8 ? Avec 2 cailloux, ce n’est plus un tas. Mais 4, est-ce à nouveau un tas ? Oui ? Non ? Si je pointe 10 cailloux reposant tous sur le sol. Est-ce un tas ? S’ils sont empilés ?

Bienvenue dans ma tête.

Pour reprendre la métaphore du tas de cailloux, j’ai beaucoup de mal avec la frontière séparant nettement un concept de son cousin voir de son opposé. Nous pouvons tous pointer du doigt du noir ou du blanc. Mais mettre la frontière entre le gris clair et le gris foncé devient beaucoup plus subjectif.

A mes yeux la différence entre le conscient et l’inconscient et la même qu’entre un tas de cailloux et quelques cailloux. C’est flou, perméable et changeant en fonction de beaucoup de paramètres.

Toutes fois, je vais tenter de vous apporter des définitions qui correspondent à l’image de ce que je me fais des concepts de ces trois mots. Lorsque je parle de ses mots en séance ou sur ce site, il faut les lire globalement comme suit :

 

Conscient :

Lorsqu’un choix (ou un acte) est conscient, la personne le faisant peut retracer le vecteur de décision qui lui a fait faire ce choix (ou cet acte). Il va pouvoir rationnaliser les raisons, les sensations et avoir l’impression d’un libre arbitre évident.

Vecteur de décision :

Tout comme un vecteur en mathématique, c’est un objet qui possède une origine (ici temporelle), une direction (du sensible vers la pensée puis vers la décision) et un sens (du domaine causal). On peut y retrouver la métaphore du fils de la pensée (en français) ou du train de la pensée (en anglais).

Inconscient :

Le choix (souvent) ou l’acte (parfois) sont inconscient lorsque la personne n’a pas l’impression d’avoir appliqué une forme de volonté. Souvent la personne ne pourra donner d’origine à ce choix ni même savoir quel sens l’a déclenché.

Subconscient :

Je ne sais pas ce que c’est. Dans ma tête c’est la même chose que l’inconscient.

Pendant une séance avec moi, lorsque le volontaire cherche à devenir soumis ou à mieux rentrer dans un rôle, ce qu’il désire c’est inconscientiser ses décisions.  Perdre le contrôle, ce n’est pas être contrôlé, c’est avoir l’illusion de n’avoir plus le choix ou de n’émettre plus aucun choix.

 

Petite parenthèse que je ne me lasserai jamais de répéter :

Je souhaite rajouter aussi la notion de libre-arbitre et de consentement. Lors d’une séance d’hypnose, peut-on perdre le consentement ? Oui. Est-ce normal ? Non.

Comme toute relation avec un ‘’sachant’’ (ici hypnotiseur) et un ‘’apprenant’’ (hypnotisé), le consentement éclairé en pleine conscience n’est pas forcément évident. Il suffit de voir les soucis dans le milieu médical (par exemple) pour s’en rendre compte.

J’ai à cœur dans ma pratique le consentement, quitte à y perdre un peu de spontanéité et à casser le jeu, je préfère toujours poser la question : « Tu es d’accord ? »

Et l’hypnotisé (ou le soumis ou le drone ou le chien…) ne doit pas hésiter à dire « non ».

Je referme la parenthèse

 

 

Pendant une séance, je vais dissocier le conscient de l’inconscient. C’est-à-dire que je vais prétendre parler à deux entités distinctes qui sont pourtant un seul et même tout. (Un peu comme le tas de cailloux… Je sens que je vais perdre pas mal de monde sur ce sujet…)

Cette façon de faire, qui n’est pas obligatoire, permet de travailler au maximum sur l’inconscientisation des processus mentaux.

Je m’explique. 99.9% des gens qui viennent me voir veulent à minima se sentir contrôlé, guidé par une force irrépressible tout en ayant la possibilité de garder le contrôle. On pourrait y voir un paradoxe mais en fait c’est possible.

Et pour ça, j’utilise la dissociation. Je demande au conscient de devenir spectateur de son inconscient. Et je demande à l’inconscient d’être acteur. Comme, usuellement, celui qui décide et agit semble être le conscient, lorsqu’on inverse les rôles alors le conscient se retrouve à avoir l’illusion de ne plus rien décider.

Je continue. Quand vous avez un réflexe, un geste qui semble venir de nulle part, c’est en fait votre inconscient qui a décidé d’agir en catastrophe. Le geste devient plus rapide et précis car sans le filtre de la rationalisation du conscient. Cet article n’est pas là pour vanter un réflexe. Je tiens juste à signaler que vous effectuez des choix inconscients tout le temps et que le conscient n’en a aucune maîtrise.

Avec l’hypnose, on force, en quelque sorte, à rendre tous les choix réflexes. Ce qui implique qu’ils sont sans filtre rationnel, sans jugement et surtout donne l’illusion de venir de nulle part. En somme on obtient le résultat que tous les fétichistes de l’hypnose et du lâcher prise désirent tant.

La perméabilité intervient à ce moment-là. En fait, des choix ont été faits. Simplement le chemin usuel n’est pas emprunté. Le choix conscient qui a été fait donne l’impression de ne pas l’être car il n’a pas fait le même chemin mental. Le conscient se retrouve alors dans l’illusion du spectateur. Il devient virtuellement l’inconscient de son inconscient. Le conscient devient l’inconscient et vice versa.

L’inversion n’est pas parfaite, elle n’est même pas réelle, elle est juste dans l’illusion de la perte de contrôle. Voilà pourquoi résister est si facile. Votre conscient qui habituellement tient les commandes d’une même ferme depuis des années, lâche temporairement prise et découvre que quelqu’un d’autre peu manipuler les manettes. Mais le conscient est fort et surtout il est taillé pour commander. Reprendre les manettes en une fraction de pensée est donc facile.

D’où l’absence de paradoxe dans le désir de lâcher prise tout en étant vigilant et consentant.

 

Et la perte de contrôle total ?

Relisez l’article vous avez la réponse. C’est possible. Mais la somme de travail et de confiance qu’il faut atteindre est colossale. Même avec l’hypnose (qui permet de prendre beaucoup de raccourcis) il faut penser en années plutôt qu’en heures.

Petit plaisir des yeux

Devenir hypnotisable sans hypnotiseur ni audio

Voici un guide pour devenir hypnotisable et accessoirement faire des rêves éveillés. C’est un travail long, il faudra être patient.

Etape 1

1 Accepter qu’on ne manque pas d’imagination

Tout le monde sans exception est imaginatif.

2 Avoir 10-20 minutes pour soit sans être dérangé

3 Choisir une position confortable sans être allongé

C’est un travail de concentration pas de relaxation.

4 Trouver une source lumineuse intense

Ne choisissez pas le soleil !

5 Regarder 2 secondes cette lumière

6 Détourner le regard et fermer immédiatement les yeux

Etre immédiatement dans la pénombre va amplifier le phénomène

7 Observer la tâche lumineuse qui apparaît derrière les paupières

8 Observer sa couleur et sa forme et constater que ça bouge (de forme, de couleur et d’endroit)

9 Concentrer toute l’attention à constater ses changements

Et à chaque fois que la pensée se détourne, se reconcentrer immédiatement sans s’en faire le reproche.

10 Lorsque la tâche lumineuse perd en intensité, ouvrir les yeux et refaire 4, 5, 6 et 9

11 Tenir plus de 10 secondes la concentration sans détourner sa pensée

Lorsque ça devient facile de rester concentrer plus de 10 secondes alors passer à l’étape 2

Etape 2

1 Fermer les yeux dans un endroit dans la pénombre

2 Imaginer qu’une tâche lumineuse arrive

Si vous avez du mal à « voir » une tâche lumineuse alors regarder très très brièvement une source lumineuse pour s’aider

3 Déplacer la source lumineuse par la volonté

Si la source lumineuse bouge de façon arbitraire ou reste fixe, recommencer une fois l’étape 1 avant de retenter l’étape 2

4 Changer la couleur et/ou la forme de la tâche lumineuse

Si la source lumineuse ne change pas de couleur et/ou de forme. Faire une pause puis recommencer l’étape 2

5 Jouer aussi longtemps que possible avec la tâche lumineuse

Si pour une raison ou un autre la tâche lumineuse a disparu ou que l’envie de jouer s’est volatilisée alors faire une pause. Et recommencer l’étape 2 plus tard.

6 Faire apparaître et disparaître une tâche lumineuse. Plusieurs fois

Lorsque c’est facile de réaliser tous ses jeux alors passer à l’étape 3

Etape 3

1 Fermer les yeux

2 Faire apparaître une tâche de couleur et de forme « standard »

Standard veut dire de couleur et de forme habituelle lors de l’étape 1

3 Changer la couleur et la forme rapidement

4 Forger une forme précise

Donner une forme à la tâche lumineuse comme un nuage, un tournevis ou une maison. Quelque chose de complet et complexe même si ça reste abstrait.

Paréidolie, une preuve de l'imagination sans borne de l'humain

5 Multiplier les couleurs

6 Forger plusieurs formes de plusieurs couleurs chacune

7 Maintenir une forme « complexe » plusieurs secondes

Plus la forme va durer longtemps plus longtemps vous serez hypnotisable à 100%

8 Faire une longue pause

9 Fermer les yeux et imaginer un paysage puis le voir vraiment

Ce moment est le plus difficile mais aussi le plus excitant. Prendre son temps pour y arriver et être honnête avec chaque étape va permettre de réaliser ce moment de manière fluide. Il faut être sûr de ne pas s’être précipité et d’avoir tout validé patiemment.

Etape 4

1 Fermer les yeux et rêver en étant éveillé

Voilà, vous êtes hypnotisable sans hypnotiseur.

Amnésies

Une amnésie hypnotique est un phénomène hypnotique qui permet à l’inconscient de rendre difficilement accessible voire inaccessible une ou plusieurs informations pendant un temps plus ou moins long. Contrairement aux amnésies médicales, l’information existe toujours et la connaissance de cette information aussi mais le ‘‘chemin’’ est brouillé.

Un peu comme lorsqu’on a une information sur le bout de la langue ou qu’on sait quelque chose sans pouvoir ressortir l’information.

Type d’amnésie

Je vais les catégoriser en 3 types, mais cette catégorisation ne concerne que mon opinion.

Aphasie : L’information est connue, mais partiellement ou complètement impossible à prononcer.

Dissocié : Le volontaire sait que l’information est manquante. Mais il ne la retrouve pas

Amnésie complète : Le volontaire ne cherche pas l’information, il a même oublié qu’il détenait l’information par le passé.

Quand déclencher une amnésie pendant une séance ?

Traditionnellement, en hypnose impromptue, on suggère les amnésies après une induction formelle. L’amnésie ludique étant une de mes suggestions de base préférée, j’aime y travailler dessus longtemps. Il m’arrive rarement de faire une amnésie à froid (c’est-à-dire au tout début de la séance avant même un test de suggestibilité) Pour moi une suggestion passe uniquement si elle est acceptable au sens le plus large. Du coup, vous pouvez faire passer une amnésie dès le début. Tout dépendra de la séance, de l’hypnotisé et du cadre.

Usuellement, on fait ceci dans cet ordre.

  • – Gestes idéomoteurs
  • – Catalepsies
  • Amnésies
  • – Situationnelle (bouton du rire, alcoolémie…)
  • – Hallucination
  • – Rêve éveillé

Sensations

J’ai eu la chance de vivre des amnésies. Je les passe difficilement mais simplement parce que j’ai du mal à me prêter au jeu face à un hypnotiseur moins expérimenté que moi sur cette suggestion précisément. (C’est le seul type de suggestion que je bloque consciemment si je trouve l’hypnotiseur trop débutant pour moi :p Et c’est pas bien de ma part !).

Je n’ai jamais eu une amnésie ‘‘Aphasie’’.

Lorsque j’ai vécu une amnésie ‘‘Dissocié’’, c’était le prénom et aussi le chiffre et aussi un objet. Je savais que j’avais un prénom et quelque part, je pensais même pouvoir l’écrire mais impossible d’y mettre le mental dessus comme s’il se dérobait.

Lorsque j’ai vécu une amnésie complète, ce fut uniquement lors d’une inversion d’information. La première fois fût un changement de prénom. Je ne voyais sincèrement aucun problème à m’appeler Mickaël.

La suggestion en elle-même

Pour suggérer une amnésie, il suffit d’employer exactement les mêmes méthodes que pour toutes les suggestions.

Je conseille de faire la suggestion avec le volontaire les yeux fermés et à la tester avec le volontaire les yeux ouverts. Et au moment où ils ouvrent les yeux, posez-lui une question sans objet avec l’amnésie pour le perturber. Puis testez la suggestion.

Hallucinations

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hallucination

Avant de lire cet article, je conseille de lire l’article sur wikipedia ne serait-ce que pour comprendre les similitudes et les différences entre hallucinations et hallucinations hypnotiques.

Une hallucination hypnotique est une phénomène hypnotique qui permet de sentir ou ressentir quelque chose qui n’est pas réellement là. Un seul sens peut-être « halluciné » ou plusieurs. Dans le cas où l’hallucination touche tous les sens, j’appelle ça un rêve éveillé.

Type d’hallucination

Outre les sens touchés, un hypnotisé peut vivre une hallucination de plusieurs manières. Je vais les catégoriser en 3 types, mais cette catégorisation ne concerne que mon opinion.

Amusé : L’hallucination n’est pas perçue par les sens mais l’hypnotisé agit comme s’il la percevait.

Surpris : L’hallucination n’est pas perçue par les sens mais l’hypnotisé ne peut pas s’empêcher d’agir comme s’il la percevait

Halluciné : L’hallucination est perçue comme si elle venait vraiment des sens.

Quand déclencher une hallucination pendant une séance ?

Traditionnellement, en hypnose impromptue, on suggère les hallucinations après les amnésies. L’hypnotiseur pense assez souvent que l’hallucination est la suggestion la plus difficile et donc qu’elle doit être essayée à la fin. Je ne partage pas du tout cette opinion. Pour moi une suggestion passe uniquement si elle est acceptable au sens le plus large. Du coup, vous pouvez faire passer une hallucination dès le début. Tout dépendra de la séance, de l’hypnotisé et du cadre.

Usuellement, on fait ceci dans cet ordre.

  • – Gestes idéomoteurs
  • – Catalepsies
  • – Amnésies
  • – Situationnelle (bouton du rire, alcoolémie…)
  • – Hallucination
  • – Rêve éveillé

Personnellement, même lors d’une séance érotique, je le fais dans cet ordre. Non pas par nécessité mais par confort et habitude.

Sensations

J’ai eu la chance de vivre des hallucinations dont certaines assez impressionnantes.

Lorsque j’ai vécu une hallucination ‘‘Amusé’’, c’était une suggestion d’un pigeon sur l’épaule. (Oui les street hypnotiseurs sont taquins entre eux). Je ne le ressentais pas, je ne le voyais pas. Mais j’avais envie de faire comme si. Ce n’est pas de la complaisance, c’est du pur jeu.

Lorsque j’ai vécu une hallucination ‘‘Surpris’’, c’était une suggestion d’eau citronnée. Je ne sentais ni l’acidité ni le goût mais impossible de ne pas faire comme si. Je n’étais plus dans le jeu (même si c’était follement amusant) mais dans la surprise entre ce que mon corps faisait et ce qu’il sentait.

Lorsque j’ai halluciné réellement, la première fois fut les yeux fermés. Mais j’en ai déjà parlé. La seconde fois était très particulière car c’était moi l’hypnotiseur et c’était moi qui suggérait l’hallucination. La suggestion était un changement de couleur du noir au bleu. Et à force de concentration et de projection, j’ai fini, par empathie, par voir le noir devenir très brièvement bleu. Ce qui était le plus fou c’est que je ne m’y attendais pas du tout. J’ai envie de croire que ce fut un cadeau de mon inconscient.

La suggestion en elle-même

Pour suggérer une hallucination, il suffit d’employer exactement les mêmes méthodes que pour toutes les suggestions.

Mais comme une hallucination a la réputation d’être difficile à faire passer, vous devrez tester plusieurs méthodes, techniques et astuces afin d’y arriver.

Je vous conseille d’être très précis sur votre cadre et surtout d’avoir fait beaucoup travailler l’imaginaire de votre volontaire.

Hypnose impromptue, l’art de la rue

Comme je l’ai déjà dit, je suis un hypnotiseur de rue. L’ossature de mes séances prends origine sur le cadre particulier de l’hypnose ludique. Même si je fais une séance extrêmement sérieuse, je mets à cœur d’y ajouter du ludisme et de la simplicité. Même lorsque ma séance devient technique, j’essaie de rendre ça fluide. Et cette manière de faire me vient de l’hypnose impromptue.

Lorsqu’un futur hypnotisé me demande de découvrir l’hypnose, et qu’il est trop loin pour que nous puissions le faire ensemble, je lui propose toujours d’essayer une séance dans la rue.  Même si son objectif est la soumission, ou l’érotisme, commencer par la rue n’est pas une mauvaise chose.

Ce qui a d’intéressant avec le fait d’être hypnotisé dans la rue par un inconnu, c’est que l’hypnotisé sera rapidement déstabilisé. En effet, la rue offre un cadre légèrement exhibitionniste, rapide et dynamique. Ce que beaucoup de volontaire ignore être possible. Dans l’imaginaire, beaucoup pense l’hypnose comme intimiste, lente et introspective. L’hypnose de rue vient tout balayer en prouvant le contraire.

Vous êtes un fétichiste de l’hypnose ? Vous n’avez fait que des audio en anglais ? Allez dans la rue vous faire hypnotiser ! Ça vous fera découvrir beaucoup de l’hypnose.

Comment ça se basse ?

Vous devrez déjà trouver une ville où il y a des hypnotiseurs. Souvent une ville qui a plus de 200 000 habitants devrait posséder une dizaine d’hypnotiseurs motivés.

Hormis Paris, vous aurez des hypnotiseurs dans un seul lieu, le samedi après-midi après 15H lorsqu’il ne fait pas froid et qu’il fait relativement beau. N’hésitez pas à chercher sur facebook des hypnotiseurs de votre ville.

(Paris est particulière car vous aurez souvent des hypnotiseurs à plusieurs endroits et à des jours aléatoires. Mais très souvent que l’après-midi. )

Lorsque vous trouvez un groupe d’hypnotiseurs, vous le saurez. Ils ont avec eux, une ou plusieurs pancartes avec marqué Hypnose dessus. Comme la plupart d’entre vous êtes timides, n’hésitez pas à les observer de loin ou de près. Je vais vous faire une confidence. La plupart des hypnotiseurs de rue sont aussi timides que vous.

Une fois que vous avez trouvé celui ou celle qui vous plaît. Avancez-vous lorsqu’il ou elle est disponible. Vous n’aurez plus qu’à vous laisser guider et à discuter autant que vous voulez.

Une séance d’hypnose impromptue est gratuite. Mais que l’hypnotiseur soit jeune ou âgé, ils savent ce qu’ils font. Ne prenez pas pour acquis votre séance et préférez le dialogue et le jeu à la demande et l’exigence.

Hypnose avec induction

La plupart des hypnotiseurs vont faire des inductions. Globalement, une séance va alors se passer comme ça.

  • Pré-talk : L’hypnotiseur va discuter entre 30s et 10 minutes avec vous. Il s’assurera que vous n’avez pas bu et que vous n’êtes pas sous drogue. Il va vous rassurer et par certains côté, il aura déjà commencer à vous hypnotiser.
  • Test(s) : L’hypnotiseur va s’assurer que vous êtes prêt à jouer le jeu et à commencer vraiment.
  • Suggestion 1 : Souvent une lévitation de main ou des mains aimantées.
  • Suggestion 2
  • Induction rapide
  • Suggestion 3
  • Ré-induction lente ou rapide
  • Suggestion 4-5
  • Ré-induction rapide
  • etc.

Hypnose sans induction

Un peu plus rare dans la rue, surtout lorsque l’hypnotiseur est jeune. Globalement, une séance va alors se passer comme ça.

  • Pré-talk : L’hypnotiseur va discuter entre 30s et 10 minutes avec vous. Il s’assurera que vous n’avez pas bu et que vous n’êtes pas sous drogue. Il va vous rassurer et par certains côté, il aura déjà commencer à vous hypnotiser.
  • Test(s) : L’hypnotiseur va s’assurer que vous êtes prêt à jouer le jeu et à commencer vraiment.
  • Suggestion 1 : Souvent une lévitation de main ou des mains aimantées.
  • Suggestion 2
  • Suggestion 3
  • Suggestion 4
  • etc.

Quelle est la meilleure ? Aucune. Parfois je fais des inductions parfois je n’en fais pas. Ce qui compte c’est que tout le monde s’amuse. Avec induction, la séance sera plus spectaculaire et rythmée. Vous passerez d’une suggestion à une autre « rapidement » sans lien entre elles. Sans induction, la séance sera plus fluide et onirique. Vous vous raconterez une histoire décousue et amusante.

 

 

L’orgasme hypnotique

L’orgasme hypnotique est la suggestion la plus demandée lors d’une séance érotique. C’est un phénomène agréable, assez simple à obtenir et… Et puis c’est un orgasme et donc ça se justifie en lui-même.

Avant d’expliquer comment atteindre une jouissance purement hypnotique, il est de bon ton, d’expliquer ce que c’est.

Définitions

Un orgasme hypnotique est une sensation purement psychique. Les phénomènes physiques habituellement associés à un orgasme ne sont pas obligatoirement associé à ce phénomène hypnotique.

Jouir sous hypnose peut parfaitement être discret et n’avoir que peu de répercussion sur le corps. Bien sûr, ce n’est pas une règle absolue et je ne suis jamais contre associé le physique au mental. Mais un véritable orgasme hypnotique est au final plutôt discret.

Ce qui ne veut pas dire encore une fois qu’il ne se passera rien au niveau du corps. 😉 Juste que ce n’est pas obligatoirement visible.

Validations

Je valide la suggestion de la même manière que je valide tous les autres phénomènes. Je demande à mon volontaire son taux de satisfaction. Quand bien même, il n’est pas vécu un véritable orgasme hypnotique, sa satisfaction est la seule chose qui m’intéresse.

Cependant, si vous voulez savoir si votre volontaire en a vécu un, voici quelques signes relativement fiables. (Comme à chaque fois, ce n’est pas une règle absolue)

  • Au final, par rapport à l’intensité affirmé par le volontaire, il y a eu peu de mouvement physique
  • L’endroit où l’orgasme a « jailli » n’est pas nécessairement associé à un organe sexuel
  • Il a duré aussi longtemps que l’hypnotiseur l’a demandé et l’intensité n’a pas diminuée spontanément

Pour l’instant j’ai appliqué et approuvé trois méthodes « efficaces ». Aujourd’hui, je n’ai pas encore gradué pour savoir laquelle était la mieux mais je peux déjà affirmer laquelle est la plus adaptée dans un cas et moins adaptée dans un autre.

Méthodologie

1/ Suggestions directes

Simple et efficace : « Tu as un orgasme maintenant ! »

Dans la pratique ce n’est pas aussi évident. La jouissance, l’orgasme bref le plaisir sexuel est un tabou étrangement très ancré autour de moi. Un orgasme en public est excessivement mal perçu par autrui et est culpabilisant.

Heureusement, le milieu que je fréquente semble moins farouche sur ce niveau-là.

Mais malgré tout, je m’aperçois que la personne à beau venir me voir pour ça, il ne lui est pas évident de formuler franchement cette demande : « Je veux jouir ».

C’est pour ça qu’à mes débuts, j’évitais soigneusement la suggestion directe. C’était idiot avec le recule. Ça marche très bien. Pas sur tout le monde, pas à n’importe quel moment, mais la suggestion simple et directe marche très bien.

Lorsque j’emploie cette suggestion directe, je la gère comme une induction. Je donne la suggestion puis j’approfondis. Je n’hésite également pas à « fractionner ».

Suggestion direct

« Vas-y joui ! » ou « Un orgasme, maintenant ! »

Approfondissement

« Laisse toi aller. » « Vas-y à fond », « Fais toi plaisir », « Va toucher les étoiles »

Puis je ratifie

« Le coeur s’accélère » « La chaleur monte »

Puis je laisse faire le volontaire jusqu’à ce qu’il redescende tout seul, et à ce moment-là

« Encore un orgasme ! »

Approfondissement

Ratification

Approfondissement.

Et lorsque la personne ne descend plus très vite, j’estime que je n’ai plus rien à faire

« Et maintenant, tu laisses monter l’orgasmes encore et encore jusqu’à ce que tu es envie qu’il s’arrête et il s’arrêtera en descendant doucement. »

Je fais rarement des orgasmes en suggestions directes. En fait je mixe souvent les trois méthodes que je vais vous présenter. De manière empirique, les suggestions directes permettent d’amplifier et de maintenir l’orgasme. Comme j’ai peu de feedback (ils sont trop occupé sur eux pour se souvenir de tout), j’ignore si l’approfondissement avec peu de métaphore permet de faire sauter les barrières de la gène ou pas. De mon point de vue, c’est déculpabilisant pour la personne qui a l’orgasme si l’hypnotiseur est « cru » dans son langage.

N.B : Alors, lorsque je parle d’un langage cru, je parle d’un langage direct et fleuri par rapport au niveau de langage du volontaire. Je n’emploie pas « pute », « bite » « chatte » si la personne a un langage timide et châtié. Un mot fleuri bien choisi vaut un claquement de doigt ou une rupture de pattern dans le cerveau. Ça peut faire son petit effet.

 

2/Le cadre glissant

J’avoue c’est pas très loin de la suggestion directe. Mais c’est nettement plus amusant pour moi ^^.

Cette méthode consiste à partir du bouton du rire et à en créer un du plaisir et à le transformer au fur et à mesure que le volontaire y appuie dessus.

La modulation de la montée se fait alors à l’entière discrétion

Ce que j’aime avec le bouton (ou la jauge) c’est qu’il y a un geste physique, rappelant de près ou de très loin la masturbation.

Les premiers orgasmes hypnotiques que j’ai suggérés été avec cette méthode. Je l’emploie un peu moins pour l’orgasme maintenant mais c’est assez efficace je trouve et hautement amusant à voir.

On ratifie un bouton du rire efficace.

On crée un bouton du plaisir avec sous modalité associé au plaisir.

Le volontaire y appuie dessus et je demande un feedback.

Suggestions directes

« Et si le bouton changeait de couleur et devenait plus… amusant, plus plaisant. Même plus excitant. »

(On doit même pas sentir la question, c’est assez direct. Le volontaire est là pour ça de toute façon)

« C’est fou non ? Et tu peux aller encore plus loin, il suffit d’y appuyer mieux, d’une meilleure façon. »

(Appuyer mieux sur un bouton ? Je ne sais plus qui m’a donné l’idée. Mais ça marche super bien. Le bouton c’est juste une allégorie de la masturbation selon moi. Bien sûr ce n’est pas le cas pour tout le monde mais appuyer mieux sur le bouton c’est synonyme (pour moi) de faire ça bien (aka faire le bon geste))

« Et tu vas voir à un moment, un moment choisit par ton inconscient se sera l’extase. »

(Il n’y a plus qu’à attendre l’orgasme et éventuellement l’approfondir avec des métaphores et/ou des suggestions directes)

 

Je me sers du cadre glissant moins pour l’orgasme que pour l’excitation.

3/Le conte extatique

En technique pure, c’est de loin, selon moi, la meilleure méthode. Par contre, elle exige de la part du volontaire une imagination mise en avant. C’est à dire que l’hypnotiseur doit avoir enlevé la croyance « Je n’ai pas d’imagination ». Cette méthode est entièrement basé sur le clean langage et les sous modalité. Mais il y a aussi du contournement du conscient vachement discret je trouve.

« Tu vas me raconter l’histoire qui va déclencher ton orgasme. »

« Ferme les yeux et si je te dis excitation, tu penses à quoi ? Un objet, une forme, une couleur ? Une odeur ? »

(La question est souvent étrange pour le volontaire et pris au dépourvu, il répondra souvent « rien… »)

« Il est comment se rien ? Il a une couleur ?’

(Là, l’hypnotiseur influence très clairement mais c’est pas important, c’est juste pour donner le départ de l’histoire)

« Ok ! Et si je te demande l’orgasme ? Tu vois quoi ? »

(Notez bien ce que la personne dit car vous allez vous en servir mais beaucoup plus tard)

« Ok, très bien on verra ça plus tard ? Que raconte ta tête à propos de l’excitation déjà ? Ah oui, le rien avec une couleur ^^. Qu’est-ce qui se passe ensuite ? »

(Laissez le raconter une histoire et plus elle est incohérente plus il faut encourager. Influencez le moins possible car à pousser vers l’avant dans son histoire vous risquez d’y mettre votre logique et pas son onirisme. N’hésitez par contre pas à saupoudrer de rappel à l’excitation. Normalement vous devriez voir que son excitation augmente au fur et à mesure qu’il raconte une histoire qui n’a souvent rien à voir)

« Bien ! Maintenant on va retourner à l’image de l’orgasme. Tu vas te raconter l’histoire mais cette fois tu te la racontes comme tu veux, dans la tête ou à voix haute ou un mixte des deux. »

(Il n’y a plus qu’à attendre le premier orgasme. Rien n’empêche de l’amplifier ensuite avec des suggestions directes.)

Conclusions

 

Personnellement, j’emploie les trois méthodes en un espèce de mixte et je fais cheminer ma séance du jeu à l’orgasme en passant par l’excitation. Une séance type serait alors du genre

Pré-talk long, test des yeux collés, catalepsie 1, 2 voire 3, amnésie yeux fermées, bouton du rire, bouton du plaisir glissant vers l’excitation, orgasme conté, orgasmeS avec suggestions directes et approfondies. (et parfois finitions mécaniques)